Et si les plastiques disparaissaient ?

Nous venons de dénicher un texte original imaginant ce que le monde deviendrait sans plastique...
Le plus étrange est que nous l'avons puisé sur le site PlasticsEurope !!
Étrange paradoxe...

Moi, il me plairait bien ce monde sans plastique quand-même... 






Les plastiques sont au cœur de notre société technologique et ils facilitent la vie de tout un chacun dans les pays développés. Mais que se passerait-il si cette substance « magique » disparaissait ? 

A quel point sommes-nous dépendants des plastiques et que se passerait-il si ces produits si communs (et si communément accusés de mille maux) disparaissaient ? De combien d’années cela ferait-il reculer notre société ?

Avant de nous engager dans ce voyage fantasmatique dans un monde sans plastique, n’oublions pas que la matière première qui les constitue n’est pas éternelle. Les plastiques sont constitués d’énergie fossile : le pétrole minéral, l’un de ses composants de base, est déjà rare. Mais que se passerait-il si…
Cela commence de façon presque invisible. Les quelques premiers consommateurs furieux ont à peine fait quelques pas hors du supermarché que déjà leurs provisions s’échappent du sac plastique dont le fond s’est désintégré. Les employés du magasin présentent leurs excuses : ces sacs souffrent apparemment d’un défaut de fabrication. Mais la même mésaventure se produit à Bruxelles, à Moscou, à Washington… Les sacs proviennent de différents fournisseurs, ils ne peuvent pas tous avoir un défaut de fabrication. Le mystère du sac mangé aux mites s’épaissit et génère de fines plaisanteries dans les quotidiens. Le laboratoire du célèbre Fraunhofer Institute for Manufacturing Technology and Applied Materials Research demande des fonds pour étudier le phénomène de la disparition mystérieuse des sacs plastiques. La demande de subventions ne va pas très loin car les moyens de communication se détériorent les uns après les autres. L’Internet ? Impossible d’établir une connexion. Les lignes téléphoniques fondent : d’abord, le son est un peu déformé et très peu de temps après, on n’entend même plus son interlocuteur. Finalement, on n’obtient plus la tonalité. Les écrans de télévision miroitent et meurent. Est-ce que cela peut empirer ?

Oui : au milieu de la route, les automobilistes doivent s’arrêter parce que leur réservoir est plein de trous et répand l’essence sur la chaussée. Encore heureux qu’on ait encore des jambes pour aller jusqu’au supermarché, parce qu’il ne livre plus et la plus grande part de la nourriture a pourri à cause des emballages défectueux.

La communauté scientifique mondiale s’intéresse au terrifiant phénomène. Les Chinois sont les premiers à résoudre le mystère : une bactérie jusque-là inconnue a muté et appris à casser les longues chaînes d’hydrocarbures du polyéthylène pour se nourrir des fragments. Le peu qui reste du plastique pourrit à une vitesse invraisemblable. Impossible d’expliquer comment cette bactérie est venue au monde. Certains prétendent qu’elle s’est échappé d’un laboratoire où des ingénieurs se livraient à des manipulations génétiques pour créer des organismes artificiels. Le mangeur de plastique aurait pu résoudre le problème de la gestion des déchets, si seulement on avait réussi à le contrôler. Les théories conspirationnistes font florès. On dit que le mangeur de plastique ne va pas tarder à dominer l’homme.

Créature de laboratoire, vengeance divine, nature libérant ses forces, quelle qu’en soit la raison, à peine les câbles ont-ils été réparés et le polyéthylène remplacé par d’autres plastiques, quelque chose d’horrible survient : le mangeur de plastique mute. Les premiers à le remarquer sont les jardiniers dont les pots de fleurs s’effondrent en poussière. Les machines à laver, les réfrigérateurs et autres appareils électroménagers arrêtent de fonctionner. La « corrosion » finit par s’étendre aux ordinateurs et il est clair que le microbe a développé une nouvelle capacité : il détruit non seulement le polyéthylène mais aussi le polypropylène.

Il ne reste plus aux microbiologistes qu’à spéculer : l’essentiel des équipements dans leurs labos est tombé en morceaux depuis longtemps. On peut dire qu’il est pratiquement certain que le mangeur de plastique a réussi à casser la chaîne du polyester. Les bouteilles de PET s’autodétruisent. Les supermarchés restent fermés, faute d’emballage pour les aliments. Le mangeur de plastique ne s’arrête pas aux DVD et aux CD en polycarbonate qui devient inutilisable en une nuit. Le toit du stade olympique de Munich explose dans un BANG spectaculaire.
La situation empire avec la disparition du PVC. Les revêtements de sol et les profilés de fenêtres se dissolvent, pendant que les systèmes d’adduction d’eau déclarent forfait à cause des trous qui les perforent. Quant aux câbles électriques, ils sont inutilisables. Mais le pire est à venir, quand les hôpitaux s’avèrent incapables d’opérer faute de seringues, d’éprouvettes et de tout le matériel à usage unique sans lequel l’hygiène est impossible. Le sang qui est conservé dans des poches en PVC se corrompt au contact de l’air et des bactéries.
Quand tous les autres plastiques sont touchés, des ponts s’effondrent : ils étaient construits en composites acier-élastomère. Au milieu de toute cette destruction, la digue Sylt éclate parce que les pierres qui l’érigeaient étaient maintenues par du polyuréthane. A ce moment, plus personne n’envisage de prendre l’avion, dont la peau extérieure, en polyphényl sulfide, pèle par panneaux entiers.


Au cours des années qui suivent la catastrophe, l’humanité se reprend et tente de rebâtir sa technologie pas à pas avec d’autres matériaux. Les gens ne font plus leurs achats au supermarché, ils achètent le lait en bouteilles de verre et les légumes dans des boîtes en carton directement du champ au consommateur.
Comme dans le temps, les câbles électriques sont tendus au-dessus du sol avec des isolants en porcelaine. Dans les endroits chauds, ils sont enveloppés dans des papiers huilés. Les films, les bandes magnétiques et les CD n’existent plus mais il est possible de stocker des données sur des disques durs, des clés USB ou des MP3 fabriqués sans plastique. On n’a pas encore trouvé la solution pour fabriquer des ordinateurs à des tarifs abordables. Comment produire des circuits imprimés sans résine époxy ou matériau photorésistant ? Des expériences sont menées avec des céramiques, mais la production industrielle démocratiquement abordable est encore hors de portée.

Les voitures sont 100% acier et bois. Elles sont superbes mais très lourdes et très chères. Les pneus constituent un problème. La production de caoutchouc naturel recommence à détruire les dernières forêts équatoriales. Le caoutchouc est rationné et réservé à des utilisations fondamentales, comme les préservatifs ou les joints destinés aux nouveaux réfrigérateurs ou aux machines à laver. Les pompes mobiles pour respirateurs ou poumons artificiels ne fonctionnent qu’avec des flexibles.

Tout le monde ne se plaint pas de ces changements : les statistiques du chômage décroissent à vue d’œil car tout doit être produit artisanalement. Certains environnementalistes et médecins voient le bon côté des choses : moins de plastifiants contenant des perturbateurs endocriniens migrent dans notre alimentation depuis les emballages. En conséquence, disent-ils, la fréquence des cancers et des infarctus devrait décroître de façon inversement proportionnelle à la fertilité humaine.

Ce sont les éléphants africains qui paient le prix fart : les pianistes et autres amateurs de billard se battent pour l’ivoire de leurs défenses. En revanche le monde sous-marin se félicite : les immenses filets des chalutiers n’existent plus et on ne trouve plus le moindre déchet plastique dans les océans. Dans les années qui avaient précédé la catastrophe, il y avait des eaux dans lesquelles les fines particules de plastiques étaient plus nombreuses que les micro-organismes. Tous les animaux qui les auraient ingéré en les prenant pour du plancton sans pouvoir les digérer auront été épargné par ce retour en arrière de l’humanité.


Le mystérieux mangeur de plastique a disparu. Après avoir mangé tout le plastique, il est mort de faim sans avoir eu le temps de se reproduire.





1 commentaire:

  1. Je ne pense pas que la société de demain, qui devra faire face à la disparition du plastique sera plus sage que celle d'aujourd'hui ou celle de hier. La façon de se comporter de l'être humain est toujours la même depuis les premiers temps pouvant être étudiés. Envier ce qu'on n'a pas, le détruire au lieu d'en profiter, être obligé de maintenir une force armée coûteuse car une société qui ne développe que ce qui améliore les conditions de vie sans avoir de quoi se défendre se fait détruire par celles qui ont misé sur la force guerrière...
    Bref je ne pense vraiment que les préservatifs feront partie des priorités, ou alors seulement s'ils sont ce qu'il y a de plus rentable... Mais même si je n'y crois pas, je continue à espérer qu'un jour enfin l'humanité comprendra tout le prix de la compassion, de la non-violence, de l'entraide, de l'empathie, de prendre l'autre en considération...

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