Remplacer le BPA : traînera ou ne traînera pas ?

Demain, mardi 9 Octobre, le Sénat examine la proposition de loi interdisant le BPA dans les contenants alimentaires...

Source :
Le Télégramme . com 



Un an après l'Assemblée nationale, le Sénat examine, demain, une proposition de loi interdisant le bisphénol A dans les contenants alimentaires. Pour les chercheurs, le défi consiste à trouver un produit de remplacement, prouvé sans risque.
Des effets suspectés sur la reproduction masculine, le cancer du sein, les maladies cardiovasculaires, l'obésité, les troubles de l'immunité, le comportement de l'enfant (anxiété, hyperactivité)... On dispose, aujourd'hui, de «solides arguments» scientifiques à l'encontre du bisphénol A (BPA) justifiant une interdiction par précaution, estime Bernard Jégou, directeur de recherche sur la reproduction humaine à l'Inserm. Sur la base des travaux disponibles, l'agence de l'alimentation, l'Anses, a demandé à l'Europe, en septembre dernier, de classer le BPA comme «toxique pour la reproduction». Trouver un produit de remplacement paraît, aujourd'hui, inévitable. Mais, comme le souligne le professeur René Habert, de l'Université Paris-Diderot, «ce n'est pas rien de remplacer trois millions de tonnes de BPA par an par autre chose». Pour Bernard Jégou, l'interdiction programmée du BPA dans les contenants alimentaires «doit être aussitôt encadrée par des recherches sur les produits de substitution. Sinon ce sera une supercherie». 

«On ne traîne pas» 

Les industriels ne disent pas autre chose lorsqu'ils réclament du temps pour mener à bien les évaluations des nouveaux produits. Ils critiquent un calendrier «incompatible avec la réalité industrielle». La proposition de la commission des Affaires sociales du Sénat de repousser d'un an l'interdiction générale, de 2014 à 2015, n'a pas apaisé leur mécontentement. «Ils s'imaginent qu'en donnant un an de plus, ça va tout régler!», fustige Olivier Draullette, délégué général du SNFBM, le syndicat des fabricants de boîtes et emballages métalliques. «On ne traîne pas (...) On travaille, mais ce qu'on demande, c'est le droit de faire notre travail consciencieusement», poursuit-il. Compte tenu des volumes considérables en jeu, les industriels de l'emballage métallique insistent sur les «contraintes de sécurité très fortes». La tonalité est très voisine dans l'industrie agro-alimentaire. «Notre grande inquiétude, c'est de commercialiser un produit sur lequel on a moins de recul que ceux qui sont utilisés, et qui pourrait être moins sûr que les produits actuels», explique Jean-René Buisson, le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania). D'autant que «nous aurons besoin de plusieurs substituts pour couvrir la gamme de nos produits», ajoute-t-il, notant que par exemple, une résine aux États-Unis avait posé des problèmes d'acidité sur les tomates. 

« Il faut un minimum de deux à trois ans» 

Le secteur de la chimie, au point de départ dans la chaîne de production, est tout aussi sévère: le calendrier envisagé n'est «pas réaliste», affirme Franck Garnier, vice-président de l'Union des industries chimiques (UIC), chargé de la santé et de l'environnement. «Pour une évaluation sereine et une mise au point des possibilités de substitution, il faut au minimum deux à trois ans», juge-t-il. les industriels s'inquiètent aussi de l'impact d'une décision prise seulement enFrance. «La réglementation sur le contact alimentaire est de compétence communautaire», selon Olivier Draullette. Pour l'UIC, il faudra que les solutions de substitution «soient compétitives et respectent un cadre réglementaire européen».



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1 commentaire:

  1. Il y a urgence a réagir pour réduire l'impact des perturbateurs endocriniens. Des millions de femmes partout dans le monde souffrent de leurs effets. http://www.aboneobio.com/blog/post/2012/10/08/Les-pertubateurs-endocriniens-menacent-la-sante-des-femmes

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